Thérapie pour hypersensibles & surdoués

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Hypersensible, ultrasensible, supersensible, surdoué, précoce, « zèbre », Hpe/Hpi (haut potentiel émotionnel / haut potentiel intellectuel) sont autant de qualificatifs, d’étiquettes pour désigner des mécanismes et traits de personnalité. J’ajoute ma patte personnelle en créant le terme Hps : « haut potentiel sensoriel » qui correspond plus fidèlement à l’expérience communément décrite.

En préambule, il convient de ne pas faire de raccourci en concluant qu’un hypersensible est surdoué, même s’il est hautement probable que le surdoué soit hypersensible. Hypersensibilité et hyperémotivité sont deux choses différentes. Même si certaines pathologies ou conséquences de traitement sont associées à des symptômes similaires, cet article n’en fait pas l’objet.

Vous faites peut-être partie (ou une personne de votre entourage) de ces 15 à 20% de la population ayant un système nerveux plus sensible et souvent plus rapide que la moyenne. Un fonctionnement privilégié du cerveau droit : il capte beaucoup plus d’informations simultanément avec une perception globale, présentant certains avantages, mais aussi des inconvénients notoires, source de mal-être.

Contrairement aux idées reçues, ces facultés innées ne sont pas d’emblée synonymes de réussite. Comble du paradoxe : c’est bien plus fréquemment le contraire, des échecs tous azimuts !

Le paradoxe de l’hypersensible

L’ hypersensible se sent généralement plutôt moins doué que les autres, voire inférieur. Il aura donc toutes les peines du monde à croire en ses potentiels, même affirmés par des thérapeutes qualifiés, tant la distance avec son vécu est grande. 

Alors que l’essentiel des informations (80%) est généralement capté par la vue, chez l’hypersensible tous les sens sont sollicités de façon intense et détaillée. Son système sensoriel est comme une antenne parabolique captant toutes les informations environnantes. 

Enfant, l’hypersensible ne fonctionnant pas comme les autres, se reconnaîtra d’abord différent, et s’identifiera à des personnages de contes comme « Le vilain petit canard » ou « La princesse aux petits pois » puisqu’il perçoit tel un radar ce que d’autres ne perçoivent pas. Il sent, entend, ressent ce que les autres ne sentent, n’entendent et ne ressentent pas grâce à ses perceptions fines même s’il ne les supporte pas bien pour autant : odeurs, émotions, sensations… les siennes, mais aussi celles des autres conscientes et inconscientes par la grande empathie qui le caractérise, le trouble et lui pompe son énergie. Imaginez ce qu’il se passe lorsqu’il s’agit d’émotions de tristesse, de colère ou d’anxiété. Angoisse, révolte, effondrement, démultipliés dans le corps du même individu ! 

Difficile de ne pas se perdre, à fortiori de se trouver dans ce débordement sans frontières ! 

« Qui suis-je ? Dans quel état j’ère ? » Ces questions profondément existentielles tournent en boucle dans sa tête alors qu’il rêve de trouver le bouton off pour enfin stopper le moulin à pensées, gouter un peu de paix et sortir du mode survie.

Une vulnérabilité à fleur de peau

Par ailleurs, les manques d’estime et de confiance en soi coupent le profil hypersensible de sa grande intuition, ce précieux 6ème sens.

Dans un environnement présentant « trop » de stimulations sensorielles, bruits, lumières, foule, contacts physiques… l’alerte rouge est déclenchée dans son cerveau. C’est l’état d’urgence intérieur, il sent agressé : une vague d’émotions et de sensations submerge le corps physique, déclenchant états de fatigue, confusion, allant du stress à la crise de panique. La personne peut perdre ses moyens, avoir une crise d’angoisse, s’évanouir…

Il peut en découler toutes sortes de réactions et troubles : peurs, agoraphobie, colères, spasmophilie, dépression, phobies (sociale notamment), tocs (troubles obsessionnels compulsifs) et toutes conséquences comportementales associées (addictions, troubles du comportement alimentaire)… La réaction anxieuse pousse à l’anticipation donc à l’évitement de situations perçues comme anxiogènes, ce qui prive d’une vie sociale épanouie. La personne se referme sur elle-même, portant parfois les psychiatres à diagnostiquer des traits autistiques ou d’autres troubles de la personnalité (borderline, syndrome d’Asperger…).

Ce profil est un perfectionniste, animé par des valeurs profondes de justice, de respect et de loyauté, qui sont souvent en fracture avec la réalité vécue au quotidien. L’injustice lui est intolérable, activant sans nuances l’ascenseur émotionnel du désespoir à la rage. Son vécu intérieur non reconnu, puisqu’inconnu pour les autres, est par conséquent invalidé, qualifié de fantasmes ou jugé exagéré : la multiplicité des situations ancre l’individu dans des sentiments douloureux. Il se sent rejeté, incompris, raté, critiqué, anormal, dysfonctionnel, inadapté. Ce qui renforce ses sentiments de détresse, d’impuissance, de dévalorisation, d’incapacité à être et vivre comme les autres, alors que tous les êtres ont ce besoin profond de lien social et affectif pour être reconnus et intégrés. Il tentera de calmer sa crise existentielle en comblant son vide intérieur comme il pourra, par la nourriture, les addictions…

Des capacités perceptives hors norme… pas normal !

Le haut potentiel jouit d’une excellente mémoire. Par exemple, il ne sera pas cru par son entourage à l’évocation d’un souvenir précis et très lointain dans la toute petite enfance. Beaucoup de personnes croient qu’il est impossible d’avoir des souvenirs si petit. Il affirmera des choses parce qu’il sait, sans pouvoir pour autant expliquer rationnellement comment il le sait. Ce suprasensible finira au fil des situations du même genre par douter de ses propres ressentis et les invalider lui-même.

Mu par une quête quasi obsessionnelle de compréhension, une compulsion à penser, les autres le trouveront parfois saoulant, agaçant, dérangeant… puisque dès la maitrise de la parole, il demandera sans fin « pourquoi? » à tous et pour tout. Sa curiosité innée le fait aller vers des domaines aussi différents que variés. Il cogite tout le temps, vite et beaucoup. Il est capable de mener plusieurs tâches en parallèle simultanément. Une pensée, une découverte, une compréhension appelle une autre pensée, une autre question, une autre idée. C’est saute-mouton en permanence ! On appelle ça la pensée en arborescence. Le Hps sera perçu comme intolérant quand il ne comprend pas que l’autre ne comprenne pas. Ce qui pour lui est une évidence ne l’est pas pour l’autre.

Dans l’environnement du travail, nombreux « professionnels du recrutement » interprèteront cette personnalité comme instable
Il entendra souvent : 

  • « Tu vis trop les choses de façon personnelle. Tu te regardes trop le nombril, ouvres toi aux autres et au monde, tu donneras moins d’importance à tes préoccupations »
  • « Tu prends les choses trop à coeur, apprends à prendre du recul »
  • « Tu es trop susceptible »
  • « Tu es tout le temps fatigué »

Quelles que soient les prétendues bonnes intentions de leurs émetteurs, ces paroles sonnent seulement comme autant de jugements et de critiques. 

Invariablement les mêmes pensées réactionnelles s’activent :

  • pourquoi personne ne me comprend ?
  • pourquoi ce qui intéresse les autres, m’ennuie profondément ?
  • pourquoi je ressens ce décalage permanent avec les autres ?
  • pourquoi je ne suis pas comme les autres ? Qu’est ce qui cloche chez moi ?
  • pourquoi je suis sur cette planète? puisque nulle part, je ne me sens bien…

Des efforts permanents pour s’adapter au monde des autres

Les nombreux efforts déployés et l’énergie colossale mobilisée pour s’adapter constamment à ce monde dans lequel il ne trouve pas sa place, épuisent l’hypersensible qui se sentira souvent fatigué. Il a donc besoin de calme pour se ressourcer et se concentrer.

Ses ruminations mentales interminables bloquées sur des événements passés, à venir ou sur des stimuli sensoriels insupportables, l’empêchent de vivre dans l’instant présent normalement.

Deux stratégies s’imposent alors à l’hypersensible : se replier toujours plus ou se suradapter pour paraitre « normal », comme les autres, et se fondre dans la masse pour anesthésier ses ressentis. Ce qu’il mettra en place en mode alternatif selon les situations du moment.

Dans les deux cas, il s’oublie et s’efface pour se faire aimer. Sa basse estime de lui- même, amplifiée par le rejet et le jugement des autres est aggravée parce qu’au fond de lui, il sait qu’il fait des choix qui ne lui conviennent pas. Alors il s’en veut et retourne sa colère et sa frustration contre lui-même par des processus d’auto-sabotage.

Souvent piégé dans la dépendance affective, il adopte inconsciemment la position de sauveur, l’attirant dans des relations toxiques personnelles et professionnelles où il trouvera victimes et bourreaux pour jouer aux chaises musicales des relations triangulaires.

Tous ces mécanismes seront plus ou moins présents selon l’histoire personnelle de chacun et il est important de savoir que tous les hypersensibles ne sont pas malheureux

Être hypersensible et heureux c’est possible, grâce à la psychothérapie !

Soit parce qu’on est né sous une bonne étoile, soit parce qu’on décide que c’est possible de changer et d’améliorer sa vie en reprenant le contrôle de son existence .

Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, sachez tout d’abord que ce n’est pas une maladie, mais un système de fonctionnement différent. L’ensemble de signaux et de processus qui s’activent dans votre corps est une réponse à une surstimulation sensorielle. Cette prise de conscience fondamentale marque toujours un tournant significatif dans la perception de soi. C’est le premier pas pour trouver sa place, d’égal à égal avec les autres.

Un bilan peut être effectué en parallèle chez un psychologue pour ces tests. Cependant, seules des actions thérapeutiques ciblées permettront d’inscrire durablement des changements pour vous sentir mieux. Je vous guiderai sur ce chemin que j’ai moi-même parcouru. Pas à pas, votre thérapie vous apprendra à :

– gérer vos émotions
– transformer en atout ce que vous considériez comme un handicap
– apprivoiser ce potentiel, source d’une grande force 
– découvrir la richesse de votre monde intérieur
– accepter votre différence
– reconnaitre votre droit à exister tel que vous êtes
– renoncer par dessus tout à vouloir être comme les autres

pour trouver votre équilibre et rétablir l’harmonie entre votre monde intérieur et le monde extérieur.